Une évidence, me direz-vous ? Pas tant que cela, si j’en juge par l’attitude et les remarques de nombreux débutants. Pourtant, bien comprendre le mécanisme d’une menace ou d’une agression est essentiel à la pratique du krav maga.

En général, la discussion commence par « Oui, mais si l’agresseur fait ceci ? Ou s’il fait cela ? » Il suffit de creuser un peu pour se rendre compte que la crainte du pratiquant est fondée sur une hypothèse peu réaliste: l’agresseur sait ou pense que sa victime va se défendre.

Pourquoi peu réaliste ? Parce qu’une personne mal intentionnée ou violente n’est pas nécessairement stupide, loin de là. Mais dans son esprit, une chose est claire: elle est l’agresseur, vous êtes la victime. Celui (ou celle) qui vous met un couteau sous la gorge ou l’appuie contre votre vendre et vous demande votre portefeuille se sent dans une position de force. Il est le dominant, sa victime est dominée, point barre. S’il a ne fût-ce qu’un doute au sujet de la capacité de sa victime à se défendre, il choisira une autre victime. Celui qui cherche la bagarre et vous agresse est persuadé qu’il aura le dessus. S’il pensait le contraire, ce serait un imbécile masochiste. Il ne sait pas non plus que vous êtes pratiquant de krav maga.

Inverser le rapport de force

Donc, lorsqu’un agresseur nous menace (avec ou sans arme) ou tente de nous porter une attaque ou de nous immobiliser, il est confiant dans ses capacités à avoir le dessus. Il portera son attaque (ou effectuera sa menace) de manière franche et entière, pas en se protégeant à moitié ou en sachant déjà ce que vous allez faire.

Votre défense sera donc pour lui une surprise. Une surprise d’autant plus complète que la contre-attaque suivra rapidement cette défense initiale. C’est pour cette raison que le krav-maga privilégie les contre-attaques simultanées lorsqu’elles sont possibles. La conjugaison de votre défense et de votre contre-attaque (idéalement simultanée, donc) remplira un rôle psychologique essentiel: inverser le rapport de force dans l’esprit de l’agresseur. Alors qu’il croyait contrôler la situation, son emprise lui échappe. Pire, il se trouve dans une position où il devient lui-même la victime d’une attaque. À mon sens, cet aspect psychologique est au moins aussi important que l’aspect purement « technique » de la défense mise en oeuvre. Et viendra renforcer l’efficacité de votre technique de self-défense.